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22
mar
2009
Les nouvelles des pélerins sur le chemin
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Ce blog est destiné aux pèlerins qui souhaitent donner de leurs nouvelles à leurs amis et à ceux qui souhaitent s'exprimer sur le chemin qu'ils viennent de parcourir.
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9 Commentaires
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#1
De Figeac à Ostabat du 19 juin au 9 juillet
Voila bien une période calme pour faire cette partie du chemin.Peu de monde dans les hébergements donc pas de nécéssité de réserver et la liberté d'aller à son rythme au quotidien.
Un grand bonheur le passage par la variante de la vallée du Célé. C'est un regal de beauté et un contact proche avec une nature forte. La grande gentillesse des habitants des différentes perites villes est un bonheur.
la présence de la riviere très longtemps est une belle compagnie. Pour la logistique, il est préférable d'avoir prévu pour le ravitaillement surtout le week-end et lundi.
C'est vraimant magique,n'hésitez pas la Vallée du Célé.
Je suis aussi passé par la Romieu, certains l'évite c'est dommage surtout que après la Romieu, il y a moins de places intéressantes en art Roman.
Pour la derniere partie,comme je ne suis pas un spécialiste des champs de mais, c'est surtout la diversité des personnalités des hébergeants qui m'a emballé.
Pour conclure, la voie du Puy, c'est génial, mais il faut bien choisir sa période pour optimiser rencontres et choix.
Elle donne aussi réellement envie de faire les autres voies.
Amicalement
jean luc -
#2
Demain je prendrai à 6h24 le train pour Bayonne. J’irai à la cathédrale pour mon premier tampon dans mon crédential pour rejoindre ensuite le chemin qui m’emmènera sur le camino del Norte. Je serai probablement début octobre à Santiago. Je suivrai le chemin dans les traces de mon très bon ami Roger avec qui je suis entré la première fois à Santiago, je retrouverai avec beaucoup d’émotion l’endroit ou j’ai croisé l’année passée Françoise et Jean-Louis tout par hasard, moi dans ma voiture de retour du Portugal et eux en marchand le long d’une route nationale ou ils étaient par erreur. C’est encore toujours un moment fort. Le 1ier septembre j’aurai une pensée pour Monique et André, qui prendront le même chemin. J’espère que nos chemins se croiseront ! Je laisserai de temps en temps des nouvelles. Ultrea
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#3
Je suis arrive a Bilbao, ce soir je serai a Portugalete.
Tout se passe bien, malgre que les etappes sont parfois tres dure, mais je me sens bien dans ma peau et mes pieds maintenant aussi... j ai souffert de grosses ampoules, ce probleme a ete regle par l utilisation de protege slips....c est devenu maintenant de l equipement standard.
Le camino del norte est tres different du camino frances, plein de references jacquaires etc. Ce chemin est aussi integre dans la vie des gens. Pour le camino del norte rien de tout cela ou tres peu... mais par contre on fait parti d un decore naturel bucolique... beau beau beau mais aussi par endroit dur dur dur physiquement parlant. Je manque de la spirutalite, qui etait deja pauvre sur le camino frances.
A 2 km avant san sebastian il y a un endroit tenu par une communaute un peu flower power, vegetariens. On peu y dormir dans des tentes (tipi) et ils offrent le repas du soir et le petit dejeuner (copieux). Ils ont meme lave mon linge... et tout ceci donativo... C etait un endroit de paix et de bonheur... je recommande
LAlberque de Rosa, dans la descente d Orio etait bien et convivial(21€) pension complete. A Zumaia j ai dormi dans les chambres des nonnen, elles sont paties il y a 2 ans, je sentais encore leur presence dans ce cadre historique et tres tres jolie...
Pour finir, j ai rencontre un pelerin allemand qui fait le camino del norte, tandis qu au meme moment son epouse marche son camino frances avec RDV sur la plage de finisterre... et voila une idee originale, non?
Je file maintenant pour Portugalete, j y serai dans 3 heures ....
Ultrea
Guy -
#4
Je suis parti le 25 août au matin de Sanxay. J'ai fait étape à Saint-Sauvant. Je suis allé jusqu'à Saintes à pied en huit jours, soit environ 140 kilomètres. J'ai eu ma première ampoule au pied gauche vers Aulnay. Une autre sous la plante du pied droit m'est apparue entre Saint-Jean d'Angély et Saintes. j'ai consulté un docteur à Saintes. Il m'a conseillé de m'arrêter quelques jours car j'avais des champignons sous les orteils au pied gauche.
Plutôt que m'arrêter, j'ai préféré m'acheter un vélo. J'avais peur de ne pas repartir si je m'arrêtais.Le 2 septembre, j'ai donc continué mon pélérinage en vélo à partir de Saintes.
Tout s'est très bien passé ensuite. J'ai fait 55 km par jour , en moyenne.
Je suis arrivé à Santiago le 25 septembre.
Je suis très satisfait de mon voyage. Les paysages, les monuments, les villages sont magnifiques. J'ai cotoyé les marcheurs tout au long du Camino, notamment dans les refuges. Le beau temps m'a accompagné tout le long du chemin. J'ai passé tous les cols en Espagne avec une visibilité maximale. J'ai roulé sur les routes goudronnées parallèles au Camino avec mon V T C.
Je suis évidemment un peu frustré de n'avoir pu le faire à pied. Cependant, mon objectif premier était d'arriver à Santiago.
L'an prochain, je recommencerai peut-être à pied à partir de Saintes.
Je n'ai sans doute pas bien maitrisé le choix de mes chaussures et le traitement de mes ampoules.
Je suis revenu en autobus.j'ai confié le vélo à un transporteur.
Je ne vous ai pas informé plus tôt car j'avais peur de ne faire que quelques jours de marche.
J'ai écrit le récit de mon voyage sur un cahier.
A bientôt.
Jean HAY -
#5
Suite à la préparation d'interview pour Radio Accords, j'ai essayé de faire une synthèse de mon chemin fait en 2009
Après 970 km en 50 jours de marche, je suis bien arrivé à Santiago et ensuite Fisterra, la fin du monde. Et ceci malgré une arthrite aiguë douloureuse au pied , malgré un genou qui à la fin, n'avait plus envie de faire des efforts et malgré des moments de détresse, des moments ou je me demandais ce que je faisais sur ce chemin, malgré tout cela, je suis arrivé heureux et satisfait ...
J'ai fait le Camino del Norte, par la cote Basque, Catabrique et Asturienne, et le Camino primitivo, le chemin initial qui relie le Camino del norte avec le Camino Frances, que j'avais parcouru, il y a 2 ans. A Lugo, mon copain Eric m'a rejoint pour faire les derniers 100 km ensemble.
Mon premier tampon sur mon credencial, je l'ai obtenu le 17 aout 2009 à 15 heures à la Cathédrale de Bayonne.
Le chemin coté Français, de Bayonne à Hendaye, par le sentier du Littoral était la galère: mal indiqué, beaucoup de bitume, routes bondées et très difficile à trouver un lit à un prix abordable.
Quel soulagement de retrouver la flèche jaune à Irun!
Le Camino del Norte est très physique mais beau, beau,beau. J'ai marché tout au long de la cote Basque, Cantabrique et Asturienne avec ses falaises rudes, ses plages bondées de vacanciers (expérience un peu spéciale) et ses surfeurs qui profitent d'une mer houleuse. J'ai marché dans des vallées désertes, tout seul pendant des journées entières avec seulement les oiseaux, les vaches, les brebis et souvent avec une petite rivière comme compagnons. Mon arrivée était souvent annoncée par les corbeaux. J'ai traversé des forets d'eucalyptus, de pins ou de châtaigniers. Toujours tout seul en espérant que le chemin pris serait le bon. J'ai traversé des zones montagneuses par des petits chemins avec des dénivelés importants. C'est surtout la descente qui est pénible. Je pense à la descente de 7 km de La Mesa à Grandas de Salime pour un dénivelé de 800mt, aï aï les genoux!
Il y avait aussi du béton et des bitumes, cela est moins agréable. Mais globalement cela a été une belle aventure et un bonheur de pouvoir vagabonder en solitaire, je vous le dis, cela vide l'esprit de beaucoup de superflu.
J'ai vu aussi comment l'homme détruit cette belle nature avec la construction d'autoroutes, des collines sont déplacées, des viaducs monstres défigurent des villages paisibles. Il ne faut pas être un écologiste ardu pour se poser des questions sur des méga projets, inquiétant!
J'ai vu le dépeuplement de beaucoup de régions à l'intérieur de la Cantabrie et de l'Asturie, des maisons délaissées ou en ruine. J'ai été étonné des ressemblances entre la Galice et la Bretagne.
J'ai vu des effets de la crise économique : des nouveaux quartiers construits mais pas finis, délaissés, beaucoup de maisons neuves à la vente, résultat d'une boulimie de projets immobiliers....(suite ci-dessous) -
#6
Il y avait peu de monde, peu d'alberges sur ce chemin, tout le contraire du Camino Francès que j'ai rejoint à Melide à 50 km de Santiago. Là, j'ai regretté la solitude du Camino Primitivo ou il fallait s'organiser pour dormir, être attentif au fléchage mais tout cela ne m'a jamais posé trop de problèmes. Le Camino Frances était bondé de pèlerins. Santiago accueillait cette période 700 pèlerins par jours!
Parlons des alberges. Globalement les Alberges étaient de bonne qualité, bien sur j'ai rencontré quelques endroits avec des problèmes d'hygiène. J'ai vu des pèlerins avec des fortes allergies après être piqué par des punaises. On prend ses précautions! Des fois j'ai du aller dormir dans des petits pensions ou chaque fois je regrettais l'ambiance de l'alberge!
J'ai eu de la pluie, de la pluie fine, des pluies torrentielles et la boue qui va avec. Cela n'est pas agréable, mais on s'y fait. Tant qu'on peut sécher ses affaires, ça va. Je me suis toujours débrouillé pour m'en sortir à moindre dégât.
Et puis il y a ces moments inattendus plein d'émotion, ceux là valent de l'or: je pense à une rencontre intéressante avec des membres d'une secte qui m'ont nourri, hébergé dans un tipi, je pense à Diego, un mexicain, tatoué et plein de piercings, mais d'une bonté ... je pense au lever de soleil à Guemes , bol de café en main, accompagné de la musique de Vivaldi chez Don Ernesto, un prêtre plus que généreux... je pense à Ulli et Linda, deux jeunes filles qui me considéraient comme leur « camino-papa » … je pense à Pino qui a tout abandonné pour aller à Santiago et ensuite à Jéruzalem... je pense a Grégorio, (americain, 73 ans) qui veut encore changer le monde... je pense à Cyril, plein de chagrin d'amour et de rage , qui espérait retrouver la paix pour reprendre le fil de sa vie...je pense à Petra et Hanne..etc etc et j'en oublie...
Il y a les anecdotes comme cette caissière tout étonnée de voir un pèlerin acheter une grande boite de protège-slip! Oui, des protège-slip de femme pour mettre dans mes chaussures de marche pour absorber l'humidité des pieds! Et ca marche, je vous le dis!
Traverser la Puerta del Camino et voir la cathédral de Santiago, ce sont des fortes émotions, il faut l'avoir vécu pour le savoir, cela ne s'explique pas. Forcément j'ai pensé à ma première expérience avec mon très ami cher Roger, rencontré sur mon premier chemin et devenu ami pour la vie.
J'ai perdu du poids (10 kg) mais j'ai gagné mentalement. Marcher en solitaire, être le seul responsable de son destin, cela m'a marqué. J'ai la preuve que vivre en symbiose avec la nature, avec un sac à dos de 9kg et avec moins de 30€ par jour qu'on peut être très heureux. J' étais tout de même un peu fatigué, mais satisfait et habité avec une paix intérieure que je ne peux pas expliquer...C'est pour retrouver cette paix intérieure que reprendrai mon bâton de pèlerin!
Ultreïa. Guy -
#7
Bonjour,
je suis depuis 2 jours sur le chemin anglais .
je suis parti de Ferrol hier 13 km jusquà Neda et aujourd´hui je me suis arrete a Pontedeum 15 km( excuses les accents mais je ne maitrise pas le clavier espagnol)
pour le moment chemin pas desagreable mais sans grand interet , sauf les villes de Ferrol et Pontedeume, beaucoup de goudron quelque beaux paysages mais beaucoup de zones periurbaines residentielles .
pas de pluie pour le moment
je pense arriver a Santiago mercredi ou jeudi
amicalement
ULTREIA
Joel -
#8
Mon chemin s'est très bien passé.et je suis très content de l'expérience
le temps était frais dans l'ensemble mais c'est la saison , juste un jour de bruine . Les deux premiers jours se sont déroulés par un temps couvert avec du vent et les trois derniers jours par un grand soleil avec du ciel bleu mais de la gelée (-2°C)
le parcours:
Ferrol / Neda (albergue) 12 KM le premier jour départ en fin de matinée. En dehors de Ferrol le parcours n'a pas de grand intérêt beaucoup de goudron et de zones péri-urbaine. Le refuge de Néda est très bien
Néda / Pontedeume 15 km la fin de l'étape est plus plaisante et Pontedeume est une assez jolie ville animée. Pas de refuge, mais des hotels
Pontedeume / Betanzos 18km Le chemin est de plus en plus agréable malgré la bruine persistante . Il existe une "albergue" à Mino à 8km de Pontedeume mais sa position ne permet pas d'équilibrer les étapes. Pas de refuge à Pontedeume donc je vais à l'hôtel. Betanzos est une jolie ville avec de nombreux monuments à visiter.
Bétanzos / Bruma 28km c'est l'étape la plus longue, elle ne peut pas être coupée car il n'y a pas d'hébergement intermédiaires.
c'est également celle qui présente les plus fortes dénivelées. Mais elle se déroule principalement sur du chemin et à travers des forêts et la difficulté est toute relative. je l'ai parcouru sous un soleil magnifique et un beau ciel bleu.L'albergue de Bruma est isolée et confortable. Elle se situe partiellement dans les restes d'une auberge de pèlerins du moyen âge. Il n'y a rien autour, mais il est possible de se faire livrer un repas par un restaurant situé à 2km
Bruma / Sigüeiro 26 km étape facile , Le chemin, à travers la campagne présente peu de relief et traverse de nombreuses vallée riantes sous le soleil. il n'existe pas de refuge à Ségüeiro mais un Hotel . la ville n'a pas d'intérêt sauf de couper l'étape avant l'arrivée.
Ségüeiro / Santiago 17km Dans cette étape l'on traverse à nouveaux des zones péri urbaines sans intérêt pour rentrer dans Saint Jacques. A l'approche de Santiago le balisage se relâche et il faut être très attentif
Je suis arrivé devant la cathédrale le mercredi 10mars à 12h (les cloches sonnaient) sous le soleil.
Ce chemin est le plus court des chemins de Saint Jacques mais je mes suis trouver très rapidement "immergé" dans le chemin avec toutes ses caractéristiques; Ce n'est pas comme un tronçon d'un des grands chemins , je l'ai ressenti comme un chemin à part entière. l'arrivée à saint Jacques avec tout son émotion y est certainement pour beaucoup.
5 à 6 pèlerins l'ont parcouru en même temps que moi ce qui est très agréable, car le auberges ne sont pas désertes mais ce n'est pas non plus la foule.
Le balisage est dans l'ensemble très correcte et suffisant, sauf peut-être pour la dernière étape où il est un peu juste.
Je me suis servi comme guide du document en anglais mis à disposition sur internet par la "Confraternity of saint James", http://www.csj.org.uk/guides-online.htm, qui est très bien fait.
Il est possible de parcourir ce chemin , si on le désir, en moins d'étapes (trois en n'utilisant que les albergues) mais il est également possible de couper certaines étapes pour ceux que les distances effraient (sauf celle de Betanzos / Bruma)
Je le conseillerai à ceux qui veulent savoir ce qu'est le "Chemin de Saint Jacques" et qui n'ont pas trop de temps ou à ceux qui les grandes étapes effrayent.
Voila mes premières impressions et je conseille vivement ce chemin qui a parfaitement répondu à mes attentes .
Amicalement
Joël -
#9
Itinéraire particulier: de Poitiers à Compostelle et Fisterra par le tunnel de San Adrian
Peut-on parler de mon chemin ou plutôt de mes chemins ?
Pour commencer, j’ai emprunté la voie de Tours, de Poitiers à Saintes (7 jours avec d’autres personnes de l’association), ce qui m’a permis de me familiariser avec le chemin. Puis, un mois plus tard, le 19 mai le grand départ, seul, depuis Saintes par Pons, Mirambeau, Gradignan…. Onesse et Laharie. Et là, direction la voie du littoral par Castets, Souston, Capbreton, Bayonne….Irun. A Irun, je pars sur le chemin de l’intérieur (Camino de Bayona) par le tunnel de Saint Adrian, par Vitoria, Miranda de Ebro, Pancorbo et Burgos. Là, je me retrouve sur le Camino Francès, Castrojeriz, Léon, Astorga…..Santiago. Et pour finir, j’ai continué sur le Camino de Fisterra par Negreira, Oliveira, Cabo Fisterra et Muxia pour la fin du chemin (2 mois de marche pour environ 1500 km).
Je m’étais donc préparé au défi physique et mental qui m’attendait. Malgré cela, je suis parti avec un sac à dos de 14 kg, nourriture comprise, c’était trop, beaucoup trop !
La traversée en France ne présentait pas trop de difficultés, si ce n’est les Landes où j’ai emprunté beaucoup de route souvent le long de la nationale (tempête oblige), aux lignes droites interminables, monotones, au bruit infernal des voitures et des camions.
En Espagne, le chemin de l’intérieur par le tunnel de St Adrian est un chemin très peu fréquenté, assez accidenté et très beau. Je l’ai fait seul, sans rencontrer un seul pèlerin pendant onze jours . Ce chemin n’étant pas entretenu, les flèches censées m’indiquer le chemin étaient cachées par de hautes herbes. De ce fait que je me suis perdu plusieurs fois, ce qui rallonge le kilométrage de la journée. Il faut toujours être en éveil , sinon on se trompe facilement.
Sur le Camino Francès et le Camino de Fisterra (pour moi le plus beau jusqu'à Muxia entre la mer et les forêts d’eucalyptus) aucun problème pour cheminer.
Surtout, il faut ouvrir grand ses yeux, ses oreilles, son nez ; sur le Camino, la nature nous parle, alors j’ai essayé d’écouter ce qu’elle avait à me dire et me suis surpris à parler tout seul. Il ne faut pas hésiter à discuter avec les animaux, la nature ; je ne pense pas passer pour un fou, ils en ont vu d’autres.
Tous les jours, beaucoup de petites choses, de curiosité, d’émotion sur le chemin. Comme en France, dans les Landes, nous étions cinq, il était midi, soudain un orage, au loin un hangar, nous courons nous abriter et là une table et cinq chaises nous attentaient, impensable. Comme en Espagne, à un moment nous nous sommes trompés de chemin sans nous en rendre compte, une dame âgée nous interpelle pour nous le signaler, nous accompagne sur le bon chemin ; nous faisons une photo d’elle (star d’un jour), nous embrasse et nous repartons les yeux embués. Ou de la chance, lorsque juste après notre passage, dans un village, l’échafaudage sur le bord de la route s’écroule.
Le pèlerinage à pied vers St Jacques de Compostelle est une expérience les plus gratifiantes de la vie, partage, aide, volonté, joie, humilité, courage, tous ces mots prennent leur véritable sens sur le chemin, et pour ceux qui veulent partir à leur tour, je leur souhaite « un buen camino ».
Pierre-Yves DELAFOND 
